mardi 27 septembre 2016

Il était trop de fois

S'il existait une littérature de jeunesse punk, alors cet album en serait un très bon représentant... D'ailleurs, quand on voit le format, on pourrait s'imaginer qu'il a été pensé comme un drapeau, un étendard. Oui mais... un étendard pour quoi? 
Rhaaa, attendez, j'y viens! 
Il était trop de fois est un tout petit livre rose fluo qui vient donner des coups de genoux dans les dents du bien-pensant et des coups de poings dans le diaphragme du puritain exacerbé. Cet article promet d'être violent, mais le livre que je présente ici est tellement bon! 
Tout commence par le début. C'est logique. Ledit début ressemble à celui du conte du petit Chaperon rouge. Mais non, le loup est trop violent! Remplaçons-le par un chien! Un caniche rose fluo, qui plus est et, plutôt que de le faire manger le petit enfant, faisons-lui manger un pigeon... ah bah non, c'est trop sale... Et voilà un conte charcuté par le couperet de la censure autoritaire, parentale, celle qui prétend défendre l'innocence de l'enfant, qui veut qu'un livre pour la jeunesse soit moral, pédagogique... Trop, c'est trop! Les animaux du conte finissent par s'énerver contre ce soi-disant protecteur. Deux voix se confrontent, celle du narrateur, écrite en caractères d'imprimerie, et celle du péteur d'ambiance, matérialisée par une écriture manuelle. Le pénible finit d'ailleurs par se faire casser la tronche par les personnages du conte... beau message à faire passer auprès de ces sinistres individus qui voudraient enfermer les enfants dans le monde des Teletubbies, des Bisounours et de La petite maison dans la prairie... 

dimanche 25 septembre 2016

Songe à la douceur

Qui l'eut cru? 
Un livre tout écrit en vers, 
Comment pourrais-je me taire
Face à une telle rencontre impromptue? 

Je ne me soucie guère
D'avoir un rythme convenable; 
Tout ce qui compte est de parler de ce titre admirable. 

Je ne connaissais pas Clémentine Beauvais, 
Du moins ne l'avais-je jamais lue. 
Et puisque tant de chroniques j'ai lues
Le lire ce livre je devais. 

Peut-on seulement prétendre que Songe à la douceur 
Est un roman? 
Non. Il faudrait que je prenne mon temps
Pour vous expliquer en quoi cette expérience a son intérêt dans une vie de lecteur.

Comme vous l'aurez compris, ce livre est versifié. Je me risque à l'appeler roman, même si la forme ne s'y prête pas; le qualifier d'épopée conviendrait mieux.
C'est une romance avec deux voix principales: Tatiana et sa soeur Olga vivent dans la banlieue parisienne; Tatiana lit beaucoup, Olga a des sentiments pour Léonard "Lensky", un slammeur. Ce dernier a une frère, Eugène, qui va lui aussi avoir un intérêt réciproque pour Tatiana. Et tandis que Tatiana perd peu à peu son cocon bovaryesque, elle se voit fermer la porte au nez - métaphoriquement parlant - par un Eugène pris par des pensées contradictoires. Tandis que l'adolescente a du mal à vivre ce rêve devenu impossible - on est en plein romantisme, au sens littéraire du terme! - elle retrouve Eugène dans un métro, une dizaine d'années plus tard. Les deux voient alors une deuxième chance s'offrir à eux.
Je n'ai jamais lu Clémentine Beauvais, et qui sait si Songe à la douceur est un bon choix pour commencer à la connaître. Il me semble, cela dit, que ce livre est une expérience de lecteur à côté de laquelle il serait dommage de passer. L'auteure a pris le parti de raconter cette romance difficile par l'utilisation du vers libre. Le récit est exposé d'un seul souffle, quitte à manier la chronologie entre passé et présent pour le développement des personnages.
Clémentine Beauvais travaille la page blanche comme un peintre: plutôt que de raconter le doute, le manque de repères ou l'obstination par les mots, c'est en s'appropriant une typographie totalement pertinente qu'elle étaye le récit. La psychologie des personnages est par ailleurs non plus décrite par des discours, qu'ils soient, directs ou indirects, libres ou non: la mise en page est tout à fait pleine de sens quand il s'agit de nous faire accéder à l'intériorité des personnages. Le meilleur exemple que je pourrais vous montrer, à se propos, sont ces quelques pages:



Evidemment, on ne peut s'empêcher de penser à Un coup de dés jamais n'abolira le hasard de Stéphane Mallarmé en voyant cela, ou à toutes les écritures expérimentales du XXème siècle et de la décennie passée; ça reste prodigieux, c'est fluide, et la dynamique du récit a droit à un souffle qui reste relativement rare dans la littérature. Chapeau bas à l'artiste pour cette prouesse tant technique qu'esthétique!

mercredi 24 août 2016

Jimi & Billie

Quoi? Deux livres chroniqués dans un même article? 
Eh oui. C'est ça l'audace. Ou pas. 

Les deux romans dont je m'apprête à en dévoiler les rouages présentent de telles similitudes en dehors du fait qu'ils ont été écrits par Louis Atangana que je ne me voyais pas ne pas en parler dans un même article.
Les deux romans (bis) sont des récits initiatiques, des road-trips à la fois physiques et spirituels, un peu à la manière du très bon Bluebird de Tristan Koëgel. Certaines personnes me diront que tous les romans sont des road-trips, ce qui n'est pas totalement faux, mais ce n'est pas l'intention première de l'auteur dans chaque cas de figure. Ici, les deux personnages principaux sont paumés dans tous les sens du terme et vont se retrouver au pinacle, après avoir traversé diverses épreuves aussi bien physiques que psychologiques - c'est tout ce qui se passe à la campagne.

Dans Billie H., le roman qui raconte la vie de Billie Holiday avant qu'elle ne devienne Billie Holiday. Jeune, elle s'appelle Eleonora et elle doit se débrouiller seule. Elle connaît la rudesse de la rue, la rigueur de l'hiver, elle forge son caractère petit à petit à coups de poing dans la gueule des mecs qui veulent trop la titiller. Qui aurait cru? Sous un visage d'ange se cache une guerrière qui utilisera la plus violente des armes: l'art, le chant, le jazz. Louis Atangana nous laisse poireauter dans cette jeunesse impétueuse, abîmant bien comme il faut, et avec raison, l'image de la belle diva que nous avons tous de Billie Holiday.
L'intérêt d'un tel roman est aussi de ternir l'image du jazz qui, à l'instar de la musique classique, souffre d'une imagerie trop sage, trop intellectuel - il l'est effectivement quand il est joué par les blancs, mais il devient organique et militant quand il est joué par les afro-américains. Un Paul Desmond n'aurait jamais pu égaler, musicalement parlant, un John Coltrane. N'oublions pas d'où vient ce genre musical majeur dans l'histoire de la musique - majeur dans le sens où il a influencé tous les genres musicaux qui ont suivis: de la rue, celle qui pue la crasse, le racisme et la violence.
Jimi-x se passe une trentaine d'années après et pourtant rien ne semble avoir changé en terme de contexte social. Jimi vit quasiment seul avec son frère, son incapable de père étant rarement à la maison, les seuls moments où il y est sont mis à profit pour du tabassage en règle de Johnny - nom de baptême du guitariste. Le rythme de vie familial est marqué par les séparations et réconciliations irrégulières des parents. Jimi en a marre de cette vie de taré. Il connaît la dureté de la vie, de cette perpétuelle injustice dont il est victime dans la rue du fait de sa couleur de peau. Ce qui va le réconcilier avec la vie, c'est la musique. Mais avant de pouvoir jouer l'hymne américain tout en imitant des bombes qui sifflent et qui explosent, Jimi va devoir se faire les griffes sur un ukulélé à une corde puis sur une guitare bas de gamme.
Ce roman est dur, peut-être encore plus dur que Billie H., mais il reste très optimiste: à aucun moment, ou alors c'est très rare, Jimi baisse les yeux. Il garde le menton haut, bombe le torse s'il le faut. De la vie misérable connue dans les bas-fonds de Seattle au Jimi Hendrix Experience, le road-trip de l'un des gauchers les plus célèbres est un coup de poing dans la tronche du déterminisme.
 Je disais en début d'article que Louis Atangana avait écrit les deux romans quasiment de la même manière, en abordant à peu près les mêmes thèmes - il y a quelques variations: la reconnaissance internationale de deux fabuleux musiciens, leur difficile ascension et surtout une lutte acharnée contre le déterminisme social et la ségrégation raciale. Ce sont deux combats de boxe que nous livre l'auteur, et nous n'en sortons pas indemne.
L'écriture est paradoxalement très vocale, elle est souvent dirigée vers du discours indirect libre*, si bien qu'on a l'impression, dans les deux romans, que Jimi et Billie nous parlent directement ou mieux, parlent à voix haute, avec cette syntaxe doucement syncopée propre au jazz, et avec un langage rude, coupé à la machette, ultra-réaliste, avec des mots mâchés.
Il est enfin intéressant de lire les deux romans dans la foulée et de se rendre compte d'une chose: Billie est née en 1915, Jimi en 1947; même si la ségrégation n'est pas aussi marquée selon les Etats, les deux musiciens connaissent quasiment les mêmes obstacles, ce à trente ans d'écart. Billie H. et Jimi-x ne sont pas tant des biographies, finalement, même si on en apprend beaucoup sur la jeunesse des musiciens - avant qu'ils ne deviennent musiciens, donc - et la musique-même occupe une place relativement mineure, comparée à l'exposition du milieu social dans lequel évoluent les personnages. Ils abordent de manière très charismatique un thème cher à Louis Atangana: la rage de vivre. Le jazz, et le blues avant lui, n'a rien d'un enfant sage; il est, après tout, le papy du rap, et je serais curieux de voir si et comment Louis Atangana aborderait une troisième fois ces mêmes thématiques dans un contexte plus contemporain, plus familier. Vu comment j'ai joui en lisant ces deux romans, je ne serais surpris d'en lire un troisième tout aussi excellent.
En attendant, je retourne regarder une série du moment: The Get Down



*Discours indirect libre, ou DIL pour les plus speed: c'est effectivement un étrange Pokémon que celui-ci! Nous le rencontrons très souvent, sans faire attention plus que ça: c'est un procédé d'écriture qui nous donne accès aux pensées d'un personnage sans qu'elles ne soient introduites par un verbe particulier ou par une ponctuation. Ainsi, la frontière entre le point de vue du personnage et celui du narrateur est vraiment très, très floue, puisqu'on a l'impression que le personnage se tape l'incruste dans la rédaction du roman et n'est donc plus si fictif que ça. 

mercredi 17 août 2016

Le petit bourreau de Montfleury

La peine de mort, un sujet tabou? Pas pour Marty Planchais, qui offre une réflexion époustouflante sur le sujet, entre autres. 

Le personnage éponyme est un bourreau, fils de bourreau; père comme fils, ils n'ont jamais exécuté qui que ce soit, grâce à l'ancien mère du village, qui a toujours fait preuve d'une grande bonté envers les criminels. Mais voilà qu'un nouveau maire est arrivé en ville et veut répandre une justice bien sanguinolente: le village adore! Et pour montrer le sérieux de son statut, ce nouveau maire veut faire d'un villageois un exemple, demandant alors au petit bourreau de faire son office devant tout le monde. Seulement, le petit bonhomme tout de rouge vêtu est confronté à un dilemme: lui qui préfère peindre des toiles avec de belles couleurs, voilà qu'on lui demande de peindre les pavés d'un beau sang rouge en exécutant un innocent.
Le petit bourreau de Montfleury est le premier album de Marty Planchais; cette bande dessinée aborde des thèmes complexes tels que la valeur de la vie humaine, la justice, la peine de mort. C'est peu commun dans la littérature de jeunesse! 
Notez que la BD est éditée chez Sarbacane, une maison qui semble particulièrement bien s'investir dans les projets humanitaires, comme en témoignent le logo d'Amnesty International sur la couverture de cet album et, précédemment, la publication du petit livre Réfugiés, co-édité et réalisé en collaboration avec la Cimade.
Prendre un bourreau comme personnage principal d'une histoire, c'est tout de même une gageure: ce sont des personnes aussi bien respectées que craintes, aussi bien adorées que haïes. Et même dans la littérature générale les témoignages de bourreaux passent en arrière-plan, comme s'ils étaient maudits. Celui-ci préfère peindre, et s'il manie la hache, c'est pour couper du bois pour sa cheminée; ses couteaux ne tranchent jamais rien d'autre que des légumes; enfin, Rimbaud et Van Gogh ne sont jamais bien loin.
Sous ses allures de bande dessinée jeunesse, Le petit bourreau de Montfleury est d'une incroyable violence. On ne voit jamais de mort, mais le rouge est très présent, nous renvoyant sans cesse au sang des condamnés, et les dirigeants, représentés par le maire et ses fanatiques ses citoyens sont une belle caricature de nos propres dirigeants et de toutes les personnes qui se disent favorables à la peine de mort. Qu'on se rassure, ce sont ces sociopathes qui finissent sur l'autel de la honte.
La violence du sujet est également représentée par la couleur rouge: c'est celle de l'habit du bourreau - qui me fait penser à Daredevil, façon Moyen-Âge (d'ailleurs le superhéros se pose les mêmes questions quant à la justice) -, c'est celle de la colère, c'est celle du sang, c'est celle du mal: le maire, le grand justicier d'une ville paisible, se retrouve sur le billot et prend soudainement conscience de la valeur de sa vie lorsqu'il est face à une fatalité imminente.
La conscience du petit bourreau est représentée la chauve-souris, animal déprécié et pourtant... Ca me rappelle Batman, tiens, un autre sociopathe persuadé de faire le bien.
Marty Planchais est optimiste: même s'il évoque les âmes sombres des dirigeants à travers quelques scènes qui ne sont pas sans rappeler Maupassant ou Balzac dans leurs noirceurs, il fait de la conscience la grande vainqueure sur une prétendue morale uniquement basée sur le bien et le mal. Il remet également les choses à leur place: le petit bourreau doit sa fonction à la fatalité, son métier se transmettant de père en fils il ne pouvait y échapper; pour autant sa fonction n'est pas une fatalité, puisqu'il trouve le temps de peindre, de cuisiner, de couper du bois, de profiter de la nature et du soleil. Le petit bourreau coupe court (Ha. Ha. Ha.) toute idée selon laquelle il serait LA fatalité, LA mort elle-même.
L'album est plein d'humour, ce qui permet d'alléger fortement un sujet grave. Il est très bien réussi, puisque très agréable à lire, à regarder; je pourrais pousser quelques analyses encore plus loin, mais ça allongerait encore l'article qui est déjà bien long. Cet album lance également plusieurs pistes de réflexion qu'honnêtement je prends toujours plaisir à suivre. Pour une première fois, Marty Planchais frappe fort, et j'en redemande volontiers!


N'oubliez pas, en France encore la torture est pratiquée, cautionnée par un Français sur deux, en moyenne, aux dernières nouvelles; et un bon nombre de sociopathes souhaitant le rétablissement de la peine de mort subsistent encore. Les incarcérations injustifiées se multiplient, car les bourreaux que sont certains de nos dirigeants ont besoin de se sentir exister et de vivre dans l'illusion d'avoir un quelconque pouvoir de vie et de mort sur nos têtes. La peine de mort physique n'existe sans doute plus - en tout cas, pas officiellement -, mais la peine de mort psychologique est toujours bien ancrée dans les mécaniques du pouvoir. Plus que jamais des livres comme Le petit baron de Monfleury s'inscrivent dans une réalité dénigrée par les médias traditionnels, toujours plus dénoncée par des ONG telles que Amnesty International.

mardi 16 août 2016

Harry Potter et l'Enfant maudit

Attention, cet article est violent. 
Vous êtes prévenus. 


Alors que nous attendons tous impatiemment la sortie des Animaux Fantastiques en novembre prochain, notre appétit potterien se veut rassasié après la lecture du huitième opus - dramaturgique, cette fois - de la saga du balafré.
JK Rowling a construit un monde totalement fascinant, offrant de nombreuses possibilités - et Jean-Pierre Ménard, le traducteur, a fait un travail absolument ahurissant fortement appréciable et apprécié (les traducteurs sont rarement salués dans les blogs littéraires, c'est dommage...). Tout cela est bien, en particulier pour les personnes qui aiment écrire des fan fictions, comme ce Harry Potter and the Cursed Child.

Une petite dame blonde me fait signe de loin: apparemment, Harry Potter and the Cursed Child ne serait pas une fan fiction, mais bel et bien la suite écrite par Rowling et compagnie, une pièce de théâtre qui plus est.

La forme dramaturgique n'apporte rien. Un roman, même très court, aurait été acceptable. Et si vous espériez lire la suite entamée par la conclusion des Reliques de la Mort, vous vous foutez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.

Pardon? Si je vais résumer l'histoire? Non. Ca va m'énerver encore plus. Parce que le scénario est bidon, les révélations sont nulles, et l'une d'entre elles en particulier, assez tardive puisqu'elle arrive durant l'acte III (la pièce en comporte 4), m'a fait pleurer. Non pas d'émotion. Enfin si, d'émotion. De la colère et du désespoir mélangés. Attention,  je spoile (je révèle un élément important de l'histoire, traduction de "je spoile" pour les vieux qui refusent que notre belle langue se fasse souiller par l'anglais mais qui vont s'énerver dès qu'ils vont entendre Nadine Morano dire qu'il faut arrêter de piocher dans la culture arabe - et donc dans sa langue - parce que c'est du racisme. BREF.) Albus Severus Potter, le fils d'Harry Potter et de Ginny Weasley, rencontre une certaine Delphi Diggory, qui prétend être la fille de Cedric Diggory, l'élève de Poufsouffle qui se fait buter à la fin du Tournoi des Trois Sorciers, par Voldemort lui-même, dans le cimetière des Jedusor. (Vous comprenez rien? Lisez la saga, et revenez ici pour finir de lire l'article.) Seulement, dans l'acte III, on apprend que cette fameuse Delphi n'est personne d'autre que

TIN TIN TIN

La fille de Voldemort et Bellatrix Lestrange.

...
Je...
...
Je répète.
LA FILLE DE VOLDEMORT ET BELLATRIX LESTRANGE.

Les fans de la saga - dont je fais fièrement partie - voient ça comme un coup de poing dans la tronche et une décapitation bien faite de deux des meilleurs personnages jamais créés par Rowling. Pourquoi? Parce que, principalement dans les huit derniers tomes - L'Ordre du Phénix, Le Prince de Sang-Mêlé et Les Reliques de la Mort -, on apprend beaucoup sur Voldemort, le génie du Mal, le Prince des Ténèbres, et on apprend notamment que le simple rapport amoureux voire sexuel le dégoûte profondément. Donc il ne peut pas avoir d'enfant. Et vous allez me dire: "Oui mais de toute façon Rowling écrit ce qu'elle veut." Je suis d'accord, dans la limite des sept tomes qui composent la saga. Là, le problème est que la pièce a été écrite à trois. Qui est responsable de quoi? Et puis même, Rowling peut très bien pointer du doigt les incohérences scénaristiques dont elle n'est pas l'auteure, non?

Non?

Il semblerait que non, effectivement. Si elle-même se fiche de quelques éléments qu'elle a elle-même mis en place, où va-t-on?

Harry Potter est connu pour être une saga très riche, pleine de rebondissements, qui a fait beaucoup de bruit dans la sphère de la littérature - quand j'étais au lycée, ce n'était pas considéré comme de la littérature, hein... comme quoi les mentalités changent vite. C'est quand même l'une des premières sagas, si ce n'est la première, dans laquelle les personnages vieillissent en temps réel. Là, on se retrouve 19 ans après que Potter a tué Voldemort, et l'écriture scénaristique a énormément changé. C'est lourdingue au possible.

Au final? C'est très mauvais. Scénario bâclé, personnages faux, on a plus affaire à de la mauvaise fanfiction qu'à une véritable suite d'Harry Potter. Et quand je dis mauvaise fanfiction, entendons-nous bien: certaines fanfictions* sont très, très bien écrites et plaisantes à lire. D'habitude, vu que les fanfictions sont mal considérées parce que écrites par des amateurs (vive le déterminisme eugéniste); dire qu'un texte est de la fanfiction laisse souvent sous-entendre que le texte en question est très mauvais. Là, on dirait que les auteurs n'ont jamais lu Harry Potter, ce qui est dommage vu que l'un d'entre eux en est la mère.

Dommage que L'Odieux Connard ne fasse pas de critique littéraire. Je me serai plu à le voir défoncer cette pièce.

*Des récits écrits par des fans se basant sur l'univers d'origine d'une oeuvre, comme ici avec Harry Potter: des fanfictions ont été écrites sur l'une des fondatrices de Poudlard**, Rowena Serdaigle, ma magicienne préférée (jamais présente, seulement évoquée, mais sa maison roxxe du poney).

**L'école des sorciers anglais, basée en... Ecosse. OK. Cette école a été fondée par quatre mages très puissants qui ont donné leurs noms aux quatre maisons: Gryffondor (Potter appartient à cette maison), Serdaigle (ma préférer <3 jte love bb), Poufsouffle et Serpentard.